ESSAI BMW M5 2012 560CH

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Même les berlines les plus performantes et exclusives sont concernées par l’eco-responsabilité. La nouvelle BMW M5 est ainsi passée par une cure de downsizing pour la rendre plus politiquement correcte… Trêve de plaisanterie, cette nouvelle M5 est un vrai missile en smoking.

Aux journalistes, on demande de la curiosité, de l’objectivité, une envie de savoir sans limites quelque soit le sujet. Le développement de l’automobile verte est un sujet passionnant, par exemple, qui remet en question nos références. Oui mais voilà, lorsque BMW nous invite dans la région de Séville pour venir essayer la toute nouvelle M5 avec en prime un circuit privatisé pour satisfaire tous nos caprices, le constructeur nous rappelle l’essence même de ce qui nous a poussé à choisir ce métier : ce n’était pas pour l’électrique mais plutôt la sportivité, le plaisir grisant d’une courbe abordée en appui ou d’un puissant freinage dégressif. La M5 entretien cette passion du dynamisme à 4 roues depuis la fin des années 70 avec la M1 (1978) par exemple, modèle clé de la division Motorosport bavaroise, puis des différentes générations de M5 ajoutant les plaisirs du luxe et du confort au passage.

Cette 5e génération reste dans la logique d’une certaine discrétion aux premiers abords (pas d’imposant aileron ou d’ouvertures exagérées) mais certains détails ne trompent pas sur cette Série 5 un peu particulière. Les jantes anthracite 19 pouces donnent déjà un indice, puis les larges entrée d’air du bouclier et surtout les quadruples sorties d’échappement lèvent le suspens, c’est bien une M, ce que nous confirment les ouïes latérales frappées du fameux logo. Notez que la M5 ne reprend pas les nouvelles iris (plus vraiment parfaitement rondes) des dernières générations de BMW emmenées par la Série 1.

Intérieur

L’habitacle de la M5 évoque la force tranquille. Pas de carbone ou de surpiqures flashy, ici malgré le tempérament de feu de la berline, les bois précieux, les matières laquées et éventuellement un peu d’aluminium tressé donnent le ton, celui du luxe, du confort et d’une certaine discrétion. La sportivité ainsi tout juste suggérée via les logo « M » plaqués sur le volant et les seuils de portes, les sièges sport spécifiques à la M5 brodés du logo M, voir un plafond en Alcantara (via BMW Individual).On retrouve bien entendu le généreux écran central de 10,2 pouces sur lequel il est possible d’afficher des pages web. Notez que la M5 est compatible avec l’application smart phone BMW permettant de localiser son véhicule à distance et d’y commander un tas de fonctions, comme le démarrage moteur, la neutralisation de certains système en cas de vol et plus encore.

En série la M5 dispose de l’afficheur tête-haute spécialement adapté au tempérament de la berline avec un compte tour numérique ne manquant pas de rappeler les passages en zone rouge. Comme toute BMW, elle dispose en outre d’une foule de systèmes de sécurité actifs et passifs, dont une alerte de dérive dès fois que les 600 Nm soient hors de contrôle…

Le confort intérieur ne fait état d’aucune critique, le mode de suspension « normal » rend la M5 confortable comme une limousine si besoin. Côté capacité de chargement, elle n’évolue guère par rapport à la génération E60, soit 520 litres (540 litres pour la Mercedes E63 AMG, 546 litres pour l’Audi RS6).

Moteur : Du couple et encore du couple

Exit le V10, La nouvelle M5 a, en contrepartie, tiré le meilleur du downsizing en optant pour le V8 4.4 l Twinpower qui équipe déjà les X5M et X6M. Un nouveau carter d’huile, de nouvelles pompes et injecteurs ont permis de pousser la puissance à 560 ch pour un couple de 680 Nm (525 ch/700 Nm pour la Mercedes E63 AMG et 580 ch/650 Nm pour l’Audi RS6). Le bloc moteur de la bavaroise a en outre été abaissé de 8 mm au profit du centre de gravité.
53 ch ont ainsi été gagnés par rapport au 10 cylindres et une réduction de 4,5 l/100km est annoncée. Lors de notre essai, la M5 a consommé entre 11,5 et 12 l/100 km en mode « zen », notamment grâce à l’intervention d’un stop&start et d’un système récupération d’énergie cinétique au freinage (relativement sonore dans certaines conditions).A 2 000 trs/min seulement, la bavaroise atteint déjà la vitesse maximum autorisée sur autoroute, témoignant aussi d’une extrême souplesse. D’autres chiffres explicites : le 0 à 100 km/h est abattu en 4,4 secondes pour une vitesse maxi pouvant atteindre 305 km/h (avec le pack Experience M qui inclut également un stage de pilotage). Cette mécanique est tout simplement démoniaque de part l’énergie considérable qu’elle est capable de déployer sur les roues arrière. La poussée est exponentielle et sans creux du fait de la présence en série de la boîte à double embrayage 7 rapports Drivelogic. Bref un package homogène pour du sport, du vrai.

Comportement : Rester humble

Le nouvelle M5 n’est pour autant pas à mettre entre toutes les mains. Du moins sur route ouverte car avec un tel couple à disposition dès 1 500 trs/minute, la berline s’extraie des virages serrés et épingles avec une certaine impatience. Dans ces conditions, l’antipatinage est indispensable quitte à ressentir quelques trous à bas régime, le temps que l’adhérence soit optimale.Sur circuit, avec un revêtement généralement idéal, il devient possible de le déconnecter tout en conservant de la motricité en sortie de courbe. Si besoin, un mode d’ESP intermédiaire est disponible, le MDM, autorisant ainsi un droit à l’erreur. Il convient aussi d’utiliser les modes de conduite personnalisés. Le conducteur peut intervenir sur la dureté de direction, la réactivité de la boite, l’amortissement ou encore la cartographie moteur.
Deux boutons sont apparus sur le volant, différenciant ce modèle des systèmes équivalents de la concurrence moins rapidement accessibles.Grâce au différentiel actif, la M5 en mode Sport+, le plus extrême, gagne un surplus d’agilité salutaire pour mouvoir les quelques 1 870 Kg de la bête. Ainsi réglée, la berline se déchaîne dans une véritable symphonie mécanique générée par ce V8 bi-turbo.Le freinage nous a semblé un peu juste dans la longueur malgré le retour à des étriers fixes et non plus flottants. Le système a toutefois été utilisé en condition extrême sur circuit… Quoi qu’il en soit la monte d’origine des plaquettes devrait évoluer.

 

Bilan

Difficile de lui trouver des défauts majeurs à cette M5, qui assoit encore un peu plus son savoir faire en matière de berline 4 portes ultra sportives. La sensation de vitesse à son bord remet en question ses références et il est bien difficile de contenir son enthousiasme sur la pédale d’accélérateur.Profiter véritablement de cette M5 nécessite de temps en temps des sorties circuit, histoire de profiter pleinement des 117 000 euros exigés par la firme à l’hélice. Elle reste relativement abordable face à la Mercedes E63 AMG qui demande 124 500 euros mais est aussi légèrement plus performante sur le papier. L’Audi RS6, beaucoup plus ancienne, tourne autour des 115 000 euros aujourd’hui mais, même si ses performances sont toujours impressionnantes, accuse forcement le poids des années.
« Remerciements Autodeclics.com »

 

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