ESSAI SEAT LEON CUPRA R 265CH

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L’argument premier de cette Seat est d’offrir des performances similaires à celles de la concurrence, pour beaucoup moins cher. Forcément, la recette est séduisante…

Un esprit cartésien ne comprendra jamais pourquoi un relatif petit constructeur automobile comme Seat (env. 500 000 autos/an) s’évertue à produire des voitures de sport dont la distribution sera marginale. Certes cette nouvelle Cupra R ne représentera que 2% du mix de ventes de Leon dans le chiffre d’affaires de Seat, mais les bienfaits sur l’image seront à l’inverse considérables. Si l’on aborde le problème d’un peu plus loin, cela revient à se demander pourquoi l’Espagne s’évertue à fabriquer des voitures puisqu’elle possède déjà de jolies plages ensoleilées et le chorizo…
Qu’importe, la Cupra R n’a aucune justification à fournir, bien au contraire : il s’agit là de la Seat la plus puissante jamais pensée. L’Ibère partage en effet sa mécanique, un 2.0 litres turbo à injection directe de 265 chevaux, avec ses cousines Audi S3 et Volkswagen Golf et Scirocco R. Cette sportivité, la Cupra R l’affiche à travers des jantes blanches de 19 pouces de diamètre dissimulant des étriers rouges, ainsi que divers détails de carrosserie devant la distinguer d’une Cupra classique (240 ch). Le bouclier avant reçoit un monogramme explicite ainsi qu’une calandre en nid d’abeille surplombant trois petites ouïes horizontales. À l’intérieur, le processus de différenciation passe par l’adoption de nouveaux sièges habillés de cuir et d’Alcantara, d’un pédalier alu, d’un volant multifonction, d’un levier de vitesses à course réduite et d’un tachymètre « R » gradué jusqu’à 300 km/h !
Concrètement, la Leon Cupra R se positionne en rivale désignée d’une Renault Mégane RS par exemple, à la différence cependant que l’Espagnole n’est disponible qu’en version cinq portes, et qu’à l’inverse la Française n’est proposée qu’en coupé. Reste que la clientèle visée est la même et que le chapitre des performances brutes est plus ou moins identique dans les deux cas. Le léger surcroît de puissance de la Seat n’est pas flagrant, mais le caractère mécanique de la Cupra R est néanmoins beaucoup plus aérien que celui de la Mégane. Elle semble prendre ses tours avec une pesanteur moindre grâce notamment à une pression de turbo en hausse de 0,4 bar (soit 1,2 bar nominal) par rapport à la Cupra de 240 ch. Ce petit tour de vis a nécessité un calibrage plus important de l’échangeur, une gestion moteur recalculée, une nouvelle ligne d’échappement ainsi qu’un renforcement de la boîte de vitesses. Le gain de couple (+15%, soit 50 Nm) participe à l’amélioration des chronos puisque la barre des 100 km/h est désormais franchie en 6″2 (-0″2) et celle des 1000 mètres en 25″7 (-0″7), tandis que la vitesse maxi est limitée électroniquement à 250 km/h. Le tout pour une consommation, certes utopique, de 8,1 litres aux 100 km.
La Cupra R ne se contente pas des seuls charmes de sa mécanique pour séduire le chaland. Son châssis a été revu et corrigé en conséquence avec des ressorts respectivement plus fermes de 35% à l’avant et 30% à l’arrière. Dans le même temps, les barres antiroulis n’ont pas été touchées et les butées d’amortisseurs ont été allongées afin de conserver une certaine notion de confort. Malgré les roues de grand diamètre, le centre de gravité a pu être abaissé de 3 mm. Enfin, à défaut d’un véritable différentiel autobloquant mécanique, la R s’équipe du système électronique XDS agissant sur les disques de frein du train avant afin d’optimiser la motricité en toutes circonstances. Ce dispositif gourmand en plaquettes justifie le surdimensionnement des disques avant de 345 mm pincés par des étriers à 4 pistons.
À l’usage, la Cupra R surprend par le confort de son amortissement en total désaccord avec son positionnement marketing supposé « extrême ». À l’inverse, on découvre un engin polyvalent capable d’affronter sans crainte le quotidien et qui, à défaut d’être réellement à l’aise sur une piste, saura tenir front à la crème de sa catégorie. Les escapades sur circuit ne sont à l’inverse pas sa tasse de thé. Elle y manque de mordant et de réponse dans ses changements d’appuis pour y être véritablement à l’aise. Est-ce pour autant sa vocation que d’aller taquiner du vibreur ?
Sur route, les relances pleines de vie du 4 cylindres turbo et la fidélité des commandes incitent à hausser le rythme en toute confiance. La saveur est moins latine que germaine, mais la Cupra R maîtrise son sujet et respire le sérieux. Le guidage et l’étagement de sa boîte de vitesses mécanique (le modèle robotisé à double embrayage restant l’apanage des cousines allemandes) ne souffrent d’aucune critique. Et lorsque l’envie de rouler vite vous est passée, les 350 Nm de couple disponibles dès 2500 t./mn vous garantissent une onctuosité de déplacement assurément agréable.
Au final, l’unique véritable écueil dont souffre cette Seat concerne la tristesse de son habitacle. Certains plastiques durs et la planche de bord sans grande excentricité rappellent qu’à partir de 28 860 €, cette Cupra R jouit d’un rapport prix/équipement/performances définitivement imbattable.


En clair
Pourquoi payer plus cher…

Dotée d’organes mécaniques fiables et performants issus de la banque Volkswagen, la Seat Leon Cupra R profite d’un caractère sportif attachant et d’un tarif ultra compétitif. Son châssis policé surprend puis séduit, tandis que certains détails intérieurs trahissent une carrière débutée voilà bientôt cinq ans.

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