ESSAI PORSCHE 928 S4/GTS 350CH

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La Porsche 928 est le symbole d’une génération : celle du début des années 80.
Cette énorme GT à moteur V8 avant, capable de performances époustouflantes pour l’époque dans un confort digne du meilleur salon anglais, a rapidement acquis ses lettres de noblesse. Il faut avouer que les voitures 4 places de plus de 300 ch n’ont jamais été très nombreuses dans la production mondiale.

Née en 1978, la Porsche 928 devait être celle du renouveau. Renouveau des motorisations, avec un V8 de 4,5l refroidi par eau placé à l’avant, renouveau de la clientèle, moins sportive et recherchant davantage de luxe, renouveau de la marque, qui cherchait à être moins directement liée aux uniques ventes de 911. Qu’en reste-t-il de nos jours ?

Quel que soit le modèle choisi (928 de 240 ch, 928 S de 300 ou 310 ch, 928 S4 de 320 ch ou 928 GTS de 350 ch), la 928 offre de nombreuses qualités : un comportement routier excellent, un confort de tous les instants, un freinage efficace, une fiabilité que peu de voitures aussi performantes peuvent revendiquer. Alors où est le loup ? Le loup est sans aucun doute dans le budget d’entretien de la belle, qui se transforme alors rapidement en bête. Une bête de consommation de carburant (comptez un minimum de 15 à 16 litres aux 100 km), une bête lors des nécessaires révisions qui se doivent d’être effectuées par un vrai spécialiste de la marque. Sinon, la 928 devient alors un gouffre financier encore plus important lorsque les grosses réparations interviennent.
Autre défaut de la belle : un intérieur un peu en dessous de ce que la légende de la marque voudrait. Les plastiques se ternissent rapidement, l’assemblage n’est pas toujours des plus parfait. Mais, à l’usage, ils tiennent bien et s’ils vieillissent prématurément, ils ne bougent plus après.

Ainsi, à condition d’avoir un budget d’entretien à la hauteur, une 928 S ou GTS est capable de distiller un plaisir de conduite intense grâce à sa mécanique encore hors normes de nos jours.
De plus, elle offre deux petites places arrières utilisables par des enfants et un coffre capable d’emmener les bagages ou la poussette du petit dernier. Quelle autre voiture de cette catégorie en est réellement capable ?

Fiabilité

Une 928, c’est du solide. Mais attention, ce joyaux de la mécanique mérite des égards et avant tout un budget conséquent.

Les révisions intermédiaires (environ tous les 20.000 km) doivent être faites par un spécialiste. La facture est donc en conséquence lourde. De même, le budget pneus est un poste non négligeable. Sinon, la mécanique s’avère particulièrement fiable.
Seul point noir connu : des fuites chroniques au niveau de la direction assistée et quelques soucis électriques sur certains modèles (notamment de première génération).
Enfin, les plastiques ne peuvent cacher leur origine, mais s’avèrent solides et durables.

LA 928 GTS

La 928 GTS est l’aboutissement ultime de la lignée des Porsche 928. Une dernière fois, son V8 gagne en cylindrée et en puissance pour offrir des performances exceptionnelles, toujours accompagnées par une tenue de route phénoménale et une grande stabilité aérodynamique. Souveraine sur les grandes autoroutes, elle laisse parler la force de son gros coeur avec une musique feutrée mais expressive. Le différentiel électronique la rend plus sûre que jamais sur route humide.

La Porsche 928 GTS se distingue également par :

– ses nouveaux rétroviseurs type « Cup  »
– ses nouvelles jantes type « Cup » des 965 Turbo et 964 Carrera RS
– ses ailes arrières élargies
– son aileron peint couleur carrosserie
– son bandeau réfléchissant sur le bouclier arrière.

ESSAI d’UNE 928 S4

Après une première vague d’intérêt en 2004 sur l’ex-forum amicale928, j’avais abandonné le projet car la famille, la vie et tout çà faisait que c’était pas le bon moment. Bref, un 2ème gamin et une maison plus tard, me revoilà aux affaires parce que…. ma femme veut acheter une logan!… pour moi amoureux de belles mécaniques (fan à jamais inassouvi du fougueux taureau), pas question, no way, nada!… à moins d’une compensation entre 4.7 et 5.5 litres.

Donc, me revoilà aux affaires avec la 928 mais avec quelques pré-requis:
– pas de toit ouvrant (en fait, c’est soit un TO, soit une place AR!),
– pas d’automatique (parce que!),
– couleur noire,
– entretien suivi et à jour,
– modèle S4 ou supérieur pour les watts,
– un budget entre 10Ke et 13KE.

Ma 28 idéale me semble prendre rapidement la forme de la S4 de T.Lagrasta: on prend contact, RDV et je pars avec sa 28 ‘in situ’ avec toute la famille à bord! Je ne désire pas parler ici de la s4 de Thierry mais juste des sensations éprouvées à son bord. L’essai s’est déroulé essentiellement sur autoroute et ses bretelles d’accès et autour du lieu de rdv. La météo était fraiche et la route sèche.

Le réglage des sièges électriques et l’absence d’un TO est un vrai bonheur. Je trouve ma position aisément pour le pédalier mais je tâtonne pour le dossier: après coup, je pense que le position n’était pas bonne mais la voiture n’est pas en cause (voir plus bas). Bon, les premiers tours de roues sont extrêmement prudents: il y a du trafic et je ne connais pas la voiture. Tout de suite, je suis un peu fâché avec la commande de levier de vitesse. En plus de se remémorer à chaque instant de SURTOUT pas repasser en 1ère « normale », je n’arrivais pas à trouver facilement le point central de la grille. J’attribue cela à mon mauvais réglage de dossier qui mettait ma main droite au repos trop en avant.

La voiture est chaude, du coup j’essaye une première accélération sur la voie éponyme. Les sensations viennent doucement mais j’hésite à écraser l’accélérateur qui me semble bien dur. Cela ne facilite pas le dosage. L’impression de vitesse est augmentée par faible hauteur de la voiture: 140km/h commencent à être saisissants, plus rapide n’est pas raisonnable mais l’impression doit se renforcer. Une fois sur la 4 voies, je teste les reprises et l’accélération: la poussée est plutôt linéaire et franche. Les autres caisses défilent, les dépassements sont faciles: la puissance est réelle et confortable.

C’est bon d’avoir plus de 300ch sous la pédale!

Le niveau de confort quant à lui m’a littéralement bluffé! En comparant avec ma Lagunana, la similitude est surprenante pour une différence d’age et de conception de 15ans! Le plus notable est ce petit sautillement qui est le signe d’une voiture plus sportive que pépère. Les suspensions légèrement plus raides avec un châssis plus rigoureux sont certainement à l’origine de ce (très) léger sautillement. Coté insonorisation, je ne pense pas qu’on puisse reprocher à un V8 d’être trop présent; l’équilibre me semble optimal avec l’échappement Ruf de la voiture essayée. Il doit être un peu trop aseptisé avec un échappement d’origine. Sur les bruits de roulement, c’est au niveau d’une voiture confortable moderne: stupéfiant! D’ailleurs, ma fille s’est endormie pendant l’essai!

Tiens, une aire d’autoroute: essayons de faire demi-tour…. pas possible, jouons avec la voie d’accélération again… Bon, cette fois ci, j’y vais franchement: grosse poussée, une main géante me pousse dans le dos franchement mais sans brutalité. C’est efficace et rassurant mais…. vraiment étrange cet accélérateur: un peu dur à doser et… CLOC! il y a un cran en toute fin de course. C’est certainement le réglage de la pédale dixit Thierry.

Fini de jouer, notre aimable vendeur va commencer à s’impatienter. La sortie est dans 5 bornes: on fait demi-tour. M*rde un péage!… pas grave, on prend immédiatement le rond point à proximité et j’en profite pour faire qq tours de manège pour tester la tenue en virage en augmentant l’allure. Çà dérapouille car le rond point est gras-humide, faisons gaffe…. micro dérobade du train arrière au relâcher d’accélérateur, c’est doux et progressif pas de quoi s’inquiéter si on le sait. Bon c’est pas tout, il y a encore une voie d’accélération qui m’attend… GASP! Re-m*rde, le même péage pour re-rentrer sur l’autocroute! Grrr…. heureusement, c’est pour la bonne cause.

Le retour est tranquille grâce au limitateur de vitesse qui garantit la sauvegarde des points du permis et une conso somme toute raisonnable. On revient vers le lieu de RDV quand ma femme me demande: « bon, tu trouves qu’elle accélère fort ou pas? »…. une petite ligne droite avec personne devant moi me tend les bras pour une dernière démonstration/vérification. RRROOOOOOAARRRRRRR…. « p*tain de levier… », clic, RRROOOOOAAAAARRRRrrrrrrrrrr, feu rouge, frein…. Sourire: ouais, çà pousse fort! Les plaquettes sont usées: le freinage est un peu mou et manquant de mordant mais je ne mettrais pas en cause les ingénieurs de Weissach qui conçoivent les voitures les plus réputées pour leur freinage! :amen:

Vrai retour cette fois-ci: je donne des coups d’accélérateur au feu pour profiter de ce son rauque très plaisant ce qui provoque une exclamation des p’tits jeunes en scoot’ juste derrière. Promis, je ne l’ai pas fait exprès: j’espère que çà a nourri quelques discussions la nuit sur le banc de la résidence le soir même.

En conclusion, la 928 est une très belle voiture (surtout celle de Thierry), pas démodée et pas trop ostentatoire. J’ai été vraiment bluffé par la facilité et le confort de conduite: c’est une révélation. D’un autre coté, je pensais être plus impressionné par ce V8 de plus de 300ch: il est tellement « doux » que c’est presque dommage. Cela n’a rien à voir, mais j’ai encore en souvenir mon essai de Subaru impreza turbo machin que je qualifierais de « catapultique ». Enfin, même si je n’ai pas eu l’occasion de la tester dans cette condition, je pense que la conduite rapide sur route de montagne doit être délicate aux vues de la motricité à gérer et des transferts de masse (1.6T qd même) à anticiper.
Bref, c’est une excellente voiture et j’ai vécu une très bonne expérience mais pas d’étincelle à la clé qui fait dire: « Waouh, j’en veux une tout de suite! ».

Enfin, cet essai a eu un effet positif inattendu: ma femme a pris gout aux voitures puissantes et maintenant elle veut aller voir une E55 AMG…. mais c’est une autre histoire….

 

VIDEOS

les bonnes videos de 928GTS etant rare, je vous propose celle-ci, c’est une GT

un top gear

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